Œuvre littéraire

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Préface

Poésie arabe contemporaine

La Ñ Literaria · 1999

Introduction à une sélection de poésie arabe contemporaine, centrée sur l’importance culturelle du genre et sur plusieurs auteurs arabes actuels.

Préface de l’édition par Belén Juárez

LA Ñ LITERARIA

POÉSIE ARABE CONTEMPORAINE

Préface de l’édition par Belén Juárez

Édition de Julián Alonso. Numéro 9, 1999

Commission de la culture de la municipalité et Bibliothèque municipale de Dueñas, Palencia.

L’une des traditions lyriques les plus splendides parmi toutes les langues du monde est, sans aucun doute, la poésie arabe. Lorsque l’on parle de poésie dans le monde arabe, il faut d’abord souligner l’exaltation par excellence de ce genre littéraire comme principale manifestation créative de ce peuple millénaire. Dans la culture arabe, depuis l’époque des qasidas, la poésie occupe une place privilégiée et le « Poète » est le créateur le plus respecté de toute sa culture. Ainsi, lorsqu’un écrivain reçoit le titre honorifique de « Poète » de son pays, il obtient en quelque sorte une reconnaissance définitive. Être poète, dans le monde arabe, n’est donc ni un divertissement, ni un mérite ou une garantie d’évasion de l’esprit. Cette condition dépasse même le lignage d’un roi, la fonction d’un dirigeant ou toute renommée et toute richesse auxquelles on puisse parvenir.

QASSIM HADDAD (Bahreïn) est l’un des poètes de référence les plus importants du monde arabe. Son parcours lyrique le place parmi les grands poètes internationaux contemporains ; il a récemment reçu le Grand Prix décerné par le prince du Koweït. Sa poésie décrit les cours de l’esprit, et sa longue expérience comme sa sagesse ont ému le monde entier lors de ses dernières conférences en Argentine en 2002. FUAD RIFKA (Liban) est un poète d’une remarquable stature intellectuelle, actuellement professeur à l’Université américaine de Beyrouth. Il chemine à travers l’expérience de sa propre vie et propose un langage d’une valeur inestimable par son exploration des mondes souterrains de l’être humain. Parmi les Émirats arabes unis, il est indispensable de citer la princesse MAISSON SAKER : sa poésie est considérée comme un défi constant lancé au langage, et sa recherche linguistique par la poésie lui a valu respect et admiration sur le plan international. De Syrie, citons MARRAM AL-MASRI, considérée comme l’une des poétesses les plus intéressantes de la scène internationale et lauréate de grands prix littéraires. Sa poésie se distingue par la passion et l’amour ; elle possède une force vitale capable de réduire les foules au silence. Parmi les poètes irakiens contemporains reconnus, l’un des grands créateurs est sans aucun doute SARGON BOULUS. Il réside en Allemagne, mais ne cesse de parcourir de nombreuses villes d’Europe et d’Amérique. Cet auteur centre ses textes sur les images et nous submerge de sa création puisée dans la nature et dans le sens le plus profond de la vie. YASSIN ADNAN (Maroc), lauréat du prix de l’Association des écrivains du Maroc, est actuellement journaliste à Marrakech pour diverses revues internationales. Sa poésie explore la nouvelle poésie arabe moderne et manifeste un profond sens de la réflexion et de l’observation. KHALID NAJJAR (Tunisie) incarne la force poétique par excellence, l’amour et la passion pour les rêves de tous les mondes. Ce poète ne se repose jamais : il voyage et donne sans cesse de nombreuses conférences dans différents pays. Il ne cesse jamais de sourire et possède l’un des sourires les plus splendides que je connaisse. Sa passion pour la vie est poésie pure ; il donne corps à sa force par le vers, nous offre son temps et nous fait boire à ses propres inquiétudes linguistiques. GAMAL EL QASSAS (Égypte) est journaliste et éditeur au Caire. Il a reçu le Prix international Cavafy en Grèce et est actuellement membre de l’Union des écrivains égyptiens. C’est le poète philosophe : ses textes saisissent les instants de la vie par des mots subtils et colorés ; il visualise les scènes avec une telle précision qu’il nous place devant le spectacle du monde à partir des situations les plus quotidiennes. ALI AL-AMERI (Jordanie) est le poète qui recrée le temps depuis la poésie. Il ramène le lecteur aux années de son propre passé, aime instinctivement la saveur de sa terre et de sa lignée, et consacre sa vie à la création du temps lui-même. FARAG AL-ARABI (Libye) nous offre le mystère et la magie d’une terre silencieuse et cultivée. Son espace est la mer ; sa grandeur, le désir d’exprimer le monde doré du vers entre les lignes de l’amitié. Il ferme les poings et les yeux pour se recueillir dans sa méditation, avant de les rouvrir et d’offrir ses trésors au monde. Enfin, HELMI AL-RISHAH (Palestine) dirige le service des publications de la Maison de la poésie de Palestine et appartient à l’Union des écrivains palestiniens ainsi qu’à la revue Al-Shuara. C’est incontestablement un poète engagé, actif, plein de vie et de créativité. Considéré comme un « expérimentateur » du vers libre, il est un grand philosophe dont les pieds et les mains reposent sans crainte dans les bras de la Poésie. Il aime farouchement la folie de l’amour, car l’amour est toujours le vers « libre » qui réconcilie ses rêves.

Très nombreux sont les poètes arabes qui méritent aujourd’hui l’attention et la réflexion du poète espagnol. Ce sont des poètes prestigieux du monde arabe contemporain, reconnus dans leurs pays d’origine et dignes du respect des nations. Je dois dire qu’un grand nombre reste dans l’encrier ; je demande pardon pour l’absence de ceux que je ne cite pas et qui sont, eux aussi, mes chers amis et frères en poésie.