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Revista Alhucema, Número 8

2002

Revista Alhucema

Número 8

RAFAEL RODRÍGUEZ ALMODÓVAR Y EL VERSO DE LOS AÑOS

RAFAEL RODRÍGUEZ ALMODÓVAR

RAFAEL RODRÍGUEZ ALMODÓVAR Y EL VERSO DE LOS AÑOS

Colección literaria CAROAL. 2001

Compte rendu du livre : MEMORIA DE UN TIEMPO CUMPLIDO Belén Juárez. Janvier 2002 Je connais Rafael Rodríguez Almodóvar, homme de silences immenses et de légers sourires. Un poète de ceux qui trouvent, dans les rues de sa Grenade, à chacun de leurs passages, le vers infini du temps lui-même. Je connais Rafael : il fait partie de ces personnes avec lesquelles je n'ai jamais eu de longues conversations, mais sans en avoir besoin, j'ai pu voir et comprendre dans ses yeux, deviner qu'il est une personne brillante par le sens si juste qu'il a de la Vie. Il est de ceux qui ne demandent pas à la Vie la hâte de l'Évolution : pas à pas, le temps au temps, s'il vous plaît, l'Amabilité. La Modernité ne consiste pas à se hâter de découvrir les inventions du Langage, car celui-ci arrive à nos esprits par son propre cheminement, sans qu'il soit nécessaire de le forcer avec des symboles artificiels.Rafael est ce que nous appelons, dans le monde des écrivains, un poète élégant : les jeunes ne le gênent pas, mais il n'oublie pas non plus ses poètes aînés.Il nous surprend ici avec un nouveau livre, « Memoria de un tiempo cumplido », de la collection littéraire CAROAL, préfacé par l'écrivaine M. Luz Escribano et illustré par Dolores Montijano. Un livre qui révèle une fois de plus sa maturité littéraire avec une étonnante clairvoyance. Nous pouvons parcourir ce recueil et ressentir le vers limpide et profond d'un poète accompli ; dès sa première page, dans le poème « En sombras », nous percevons une tristesse des années qu'il ne fuit pas et où se dévoile la présence d'un temps qu'il considère déjà accompli. —Si esto ocurriera, que rechazopor ética del hombre,cuando el deseo me puede,me conmueve y me inclinaa perderme en la nada,me afirmo en la miseriade saberme agotadoy mi tiempo cumplido...— Des vers d'une force immense, qui construisent le corps de ce livre étouffé dans sa propre fièvre des années. Un livre qui se balance seul, vient du passé, regarde devant lui avec incertitude, puis tourne à nouveau le regard vers le passé. Va-et-vient de lumières, le temps ouvert entre ses propres mains : voici quelques-uns des plus beaux vers de ce texte. —...Las dos manos que tengo notiemblan todavía:en una se sostiene el peso de mis años.El tiempo breve que me quedami derecha soportasin que claudique nunca,y soy sólo el que soy,un hombre que caminacon ética profunda...— M. Luz Escribano voit juste en relevant une tendance machadienne dans ce livre : la solitude comme accumulation de morts, ses promenades de novembre et ses forts. Cet auteur accompli, sincère et mûr nous montre son visage le plus douloureux, inquiet et juste, où se laisse découvrir le dialogue du poète avec les années déjà vécues.Ainsi, Rafael est le poète de l'Amitié et, comme je l'ai déjà dit, l'un de nos poètes les plus élégants de Grenade. Dans ce livre, nous pourrons le découvrir dans chacun de ses vers, dans chacune des sensations éternelles de son temps. Bibliographie : Jerez de la Frontera, 1921. Il étudie la philosophie et les lettres à Séville et à Madrid, puis travaille dans le secteur bancaire. Directeur de la Banco Exterior de España à Ceuta, Saragosse, Grenade et Cadix. Collaborateur de revues et de journaux : « Cauce » (années 1940), « Ayer », « La voz del Sur » (Jerez), « Diario de África » (Tétouan, Maroc), « El Faro de Ceuta ».Cofondateur de la revue « Extramuros » avec José Espada, en 1995.Fondateur des revues « Primavera » et « Solera jerezana » (1944-1949).Livres publiés : « En ningún tiempo », 1990 ; « Ámbar de mi vino », 1992 ; « De nieblas y silencios », 1998.